FOSCAO-CI

Forum de la Société Civile d'Afrique de l'Ouest

Appel à candidature pour le recrutement de chercheurs dans les communes d’Abobo, d’Anyama, de Koumassi et de Yopougon – TERMES DE REFERENCES

• CONTEXTE ET JUSTIFICATION

La Côte d’Ivoire, reconnue depuis longtemps pour sa stabilité sociopolitique et économique, a été confrontée à deux décennies de crise militaro-politique sans précédent qui ont érodé le tissu social. Cette situation a donné lieu à l’accentuation de la méfiance entre les communautés, et l’affaiblissement de la cohésion sociale.
L’élection présidentielle de 2010, censée conduire à un retour à la stabilité et à la paix dans le pays a malheureusement entraîné une crise post-électorale avec son corolaire de pertes en vies humaines, des arrestations, des déplacés internes, des exilés, bref, un approfondissement des divisions entre les communautés de la société ivoirienne.
À la fin de la crise postélectorale, la Côte d’Ivoire était confrontée à plusieurs défis, notamment la sécurité, la réconciliation nationale, l’économie et la cohésion sociale. Pour relever ces défis, plusieurs initiatives ont été prises par le gouvernement, la société civile et les partenaires au développement.
Malgré toutes ces initiatives, la Côte d’Ivoire peine à retrouver la stabilité recherchée, avec la radicalisation du champ politique au regard des enjeux électoraux de 2020, la persistance des ressentiments et la méfiance entre les communautés, l’existence des violences électorales et les violences communautaires.
Dans le cadre du programme ‘’Transition et Inclusion Politiques’’ (PTI), financé par l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID), et mis en œuvre par un consortium composé du NDI, CARE, INTERNEWS et 10 partenaires locaux dont le FOSCAO, vise globalement à soutenir la stabilité politique à long terme, par des processus politiques inclusifs et la résolution des besoins structurels des communautés en Côte d’Ivoire. Il sera mis en œuvre sur le territoire ivoirien dans sept régions et le district d’Abidjan spécifiquement dans les communes d’Abobo, Anyama, Koumassi et Yopougon.

La commune d’Abobo, connue pour son absence de politique sociale, de politique urbaine, d’assainissement et de planification contribue à la paupérisation de la population et génère ainsi des phénomènes d’insécurité tels que les enfants en conflit avec la loi, les enfants de la rue, les « gnambros » etc. Les jeunes sont sans emploi et se retrouve par moment sans perspective et d’autres s’adonnent au gain facile. Le manque de politique viable pour la jeunesse, la jeunesse utilisée comme bétail électoral (certains monnaient leurs voies en ignorant leurs droits) sont autant de problème qui mine cette frange de la population.
Aussi, cette commune a été l’épicentre des affrontements qui ont suivi la crise postélectorale de 2010 à Abidjan avec les attaques répétées du «commando invisible» et plusieurs exactions de tous genres qui ont gravement érodé le tissu social déjà affaibli par dix années de conflit militaro-politique.

La commune d’Anyama quant à elle est caractérisée par une pauvreté croissante. La précarité et la promiscuité exercent une pression négative sur les jeunes de cette commune, qui aspirent au succès par tous les moyens, y compris les plus illégaux et les plus immoraux. Les ex-combattants qui sont sans activité et certains possédants illégalement les armes avec des fumoirs à profusion dans la commune. Cela pourrait les exposer à un extrémisme violent ou au phénomène de l’immigration qui donne l’illusion d’un gain inattendu. Les nombreux conflits entre organisations syndicales du secteur des transports affectent également la stabilité de la commune, car il est de coutume de voir des affrontements à la machette opposant différentes factions réclamer la paternité d’un territoire pour la collecte de fonds.

La commune de Koumassi, pour sa part, a été profondément affectée par toutes les crises sociopolitiques et est donc sujette à de profondes divergences au sein de sa population, ce qui comporte des risques de conflits et menace la paix dans cette commune. De plus, les dissensions entre les deux alliés d’hier, le PDCI et le RDR s’ajoutent à la désintégration de l’environnement socio-politique. Koumassi est devenu, ces dernières années, un théâtre de phénomènes violents tels que « les enfants en conflit avec la loi » et le « gnambro », une sorte de syndicaliste des transports. L’appauvrissement des femmes et des jeunes de cette localité est flagrant et accroît la dépendance et la marginalisation de cette partie de la population au sein des communautés.

Enfin, à Yopougon, avec l’évolution de la situation sociopolitique et de la sécurité, il existe une tension latente entre les différentes factions politiques, révélatrice de la fragilité de la cohésion sociale et de la réconciliation. La conséquence de cette situation fait de cette zone un espace politiquement sensible, donc exposé à un risque élevé de violence. Malgré l’existence d’une zone industrielle, les jeunes hommes et femmes sont sans emploi et vivent pour la plus part dans des situations de précarité. Ajouté à cela les ex-combattants qui n’ont pas été pris en compte par les différents programmes ou qui leur programme de réinsertion n’a pas connu de succès. La question des enfants en conflit avec la loi qui agressent les pauvres populations, la réconciliation nationale qui n’a pas été une réalité à Yopougon car les communautés se méfient toujours entre elles.

Le Forum de la société civile de l’Afrique de l’Ouest, section Côte d’Ivoire (FOSCAO -CI), soucieux de contribuer au renforcement de la cohésion sociale et la paix a jugé opportun de mener des actions au moyen d’approches novatrices en plaçant les communautés au cœur du système de cohésion sociale dans le cadre du programme transition et inclusion politique (PTI). Ces différentes actions, axées sur l’implication des jeunes et des femmes au service des communautés, seront menées dans le district d’Abidjan, plus spécifiquement dans les quatre communes susmentionnées.
Après les consultations citoyennes organisées à Abobo et Anyama sur les défis soci-sécuritaires, de réconciliation et de cohésion sociale des deux communes, nous voulons organiser une recherche approfondies sur les défis qui se présentent aux jeunes (filles et garçons) des quatre communes susmentionnées. Il s’agira de mener des entretiens avec des informateurs clés et collecter des données auprès d’autres sources.
Les présents termes de références sont élaborés pour recruter seize (16) chercheurs au total soit quatre (4) par commune (deux hommes et deux femmes) pour approfondir les défis que rencontrent les jeunes et les femmes dans ces communes cibles du projet.

Ces chercheurs recrutés bénéficieront d’une formation de deux jours par notre partenaire technique sur la méthodologie de recherche d’action participative (RAP). Cette session de formation sera également l’occasion de développer et de tester les outils de recherche. Les jeunes chercheurs mèneront leur recherche et prépareront un rapport contenant les résultats et les recommandations de leurs travaux de recherche qu’ils présenteront lors d’un atelier de restitution qui sera organisé à cet effet. Ces chercheurs pourront participer à des débats radiophoniques sur les recommandations issues des résultats de recherche.

II- OBJECTIFS
1- OBJECTIF GLOBAL

L’objectif général de cette activité est de rechercher les causes profondes des défis auxquels les jeunes et femmes sont confrontés dans les communes afin de mieux adresser les réponses

2- OBJECTIFS SPECIFIQUES

• Faire une analyse documentaire des travaux de recherche existants sur les jeunes dans les communes d’Abobo, Anyama, Koumassi et Yopougon ;
• Participer à la formation sur les techniques de la RAP prévue en prélude à la recherche ;
• Mener des entretiens et discussions pour collecter les données auprès des informateurs ;
• Proposer des recommandations en vue d’une résilience des défis sur la question objet de recherche ;
• Rédiger un rapport contenant les résultats et les recommandations des travaux de recherche ;
• partager avec les parties prenantes les résultats du thème étudié.

III- RESULTATS ATTENDUS

• Les recherches documentaires sont effectuées ;
• Les sujets de recherche sont déterminés par les chercheurs ;
• Les défis réels des jeunes au sein des communautés sont adressés ;
• Les résultats des thèmes étudiés sont partagés et les observations intégrées ;
• Un rapport avec les recommandations de chaque chercheur en fonction de son thème est rédigé et disponible ;
• Les recommandations issues des travaux de recherche sont adressées aux cibles potentielles ;
• Le rapport de chaque chercheur est présenté à l’ensemble des partenaires clés.

IV- TACHES A EXECUTER

• Participer à l’élaborer des outils de collectes de données ;
• Faire des revues documentaires sur la thématique choisie pour la recherche ;
• Mener des entretiens et investigations dans les communes cibles ;
• Produire un rapport provisoire assorti de recommandations ;
• Présenter le rapport provisoire lors de l’atelier de restitution ;
• Synthétiser et enrichir le rapport provisoire tenant compte des commentaires issus de l’atelier de restitution ;
• Finaliser le rapport et le rendre disponible ;
• Participer aux débats publics avec les radios locales.

V- APPROCHE METHODOLOGIQUE

Les personnes intéressées par le présent appel devront proposer une approche méthodologique de la mise en œuvre de la mission. Le FOSCAO-CI accordera une importance particulière à la démarche méthodologique des chercheurs, La durée totale de la mission est de un (01) mois et donc les chercheurs devront en tenir compte dans leurs propositions.
FORMAT DES RAPPORTS

Le rapport de chaque chercheur devra être sous forme électronique avec une présentation Powerpoint lors de l’atelier de restitution.

VII- EXPERTISE NECESSAIRE

Les chercheurs doivent être ressortissant de la Côte d’Ivoire et habiter dans la commune au sein de laquelle ils/elles font la recherche. Ils/ elles doivent se prévaloir des qualifications et compétences suivantes :

  • être jeune, âgé de 18 à 35 ans ;
  • Diplôme de niveau universitaire (Bac+4 au moins) en sciences sociales ou juridiques ;
  • Maitriser la conception d’outils de recherche et la rédaction de rapport recherche ;
  • Justifier d’au moins deux (01) année d’expérience dans le domaine de la recherche ;
  • Etre capable de travailler en équipe et de diriger les travaux terrains ;
  • Avoir des aptitudes à communiquer, à conduire des réunions, animer des discussions et à animer des ateliers et séminaires de formation ;
  • Disposer d’un ordinateur ;
  • Avoir une connaissance dans le domaine des technologies de l’information et de la communication ;
  • Bonne connaissance du contexte sociopolitique, sécuritaire et social de la localité ;
  • Etre à même de travailler sous pression.

VIII- DOSSIERS A FOURNIR

Les personnes intéressées doivent présenter un dossier de candidature comprenant les éléments ci-dessous.
Une proposition technique comprenant une lettre de manifestation d’intérêt, la présentation de l’approche méthodologique; la preuve de la capacité du chercheur à exécuter la mission (copie du CV)
Une proposition financière indiquant le montant pour l’exécution de la mission sur la base des produits / livrables.

Dépôt et date limite de réception des dossiers : Le dossier de candidature doit parvenir au plus tard le Vendredi 31 Mai 2019 à 14 heures aux adresses électroniques suivantes : foscaoci@gmail.com et kdiolegrand@yahoo.fr

NB. LES CANDIDATURES FEMININES SONT VIVEMENT ENCOURAGEES.
SEULS LES CANDIDATS RETENUS SERONT CONTACTES POUR LA SUITE DE LA PROCEDURE.

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